Winnicott : une vision humaniste du développement de l'enfant

Mercredi 21 janvier 2026

Image d'un parent portant un bébé dans ses bras
Illustration de DA VECTOR sur Unsplash
Marie Versele, secteur communication Ligue de l'Enseignement

Pédiatre et psychanalyste britannique, Donald Woods Winnicott occupe une place centrale dans l'histoire de la psychanalyse contemporaine. Son œuvre, élaborée entre les années 1930 et 1971, propose une conception novatrice de la petite enfance en plaçant la relation entre la mère1 et l'enfant au cœur du développement psychique.

Winnicott développe une approche de la petite enfance où les fondations de toute vie psychique saine se posent dans les premiers moments de l'existence, à travers l'environnement primaire et les relations précoces entre la mère et l'enfant. Sa pensée se distingue par une confiance fondamentale accordée aux capacités naturelles des parents à répondre intuitivement aux besoins de leur bébé, proposant ainsi des concepts concrets qui ont révolutionné notre compréhension de la petite enfance.

Les fondements de la santé psychique

Selon Winnicott, l'enfant existe dès sa conception en tant que personne à part entière et la mère normalement dévouée aura intuitivement le sentiment que le bébé vaut la peine d'être connu en tant que personne. C'est à la naissance que le lien réel physique se créera, fondant le développement affectif de l'enfant. « Si donc vous aimez votre bébé, il aura un bon départ2 », affirme Winnicott, résumant ainsi l’essence de sa philosophie.

Cette santé psychique se construit dès les premiers mois, durant ce que Winnicott nomme la phase de dépendance absolue.

La phase de dépendance absolue (0-4/5 mois)

Dans la phase primitive de l'existence, qui s'étend de la naissance à quatre ou cinq mois, le tout-petit est caractérisé par une immaturité à la fois physiologique et psychique et demeure entièrement dépendant de son environnement. Il ne fait qu'un avec sa mère et fait essentiellement partie d'une relation. Nous nous trouvons d'emblée face à un couple mère-bébé fondé sur des interactions constantes entre des besoins et des réponses.3

À ce stade primitif, le nouveau-né n'a pas encore développé le « sentiment de continuité d'être » qui formera la base de son moi (ou self). Il vit dans un état de fusion totale, sans distinction entre lui-même et son environnement, ni conscience de sa propre existence.4 Dans cette relation duelle, un processus d'identification réciproque s'établit : la mère s'identifie à son enfant (sans cesser pour autant d’être une adulte distincte) et le bébé s'identifie à sa mère. Winnicott nomme ce phénomène l'identification primaire.5 À travers les interactions et les réponses apportées à ses besoins, le nourrisson fait l’expérience illusoire d’un monde extérieur qui semble répondre presque magiquement à ses attentes.

Préoccupation maternelle primaire et mère suffisamment bonne

Dessin d'une mère portant un bébé et l'embrassant
Image par 鹈鹂 夏 de Pixabay

Au cœur de la théorie de Winnicott se trouve le concept de « mère suffisamment bonne »6 qui prend racine dans ce qu'il nomme la « préoccupation maternelle primaire »7  : un état d'empathie, de dévotion et d’hypersensibilité où la mère s'identifie plus ou moins consciemment à son nourrisson pour saisir ses besoins. Cela suppose que la mère concentre temporairement son attention presque exclusivement sur son bébé. Winnicott qualifie cet état de « maladie normale », transitoire et nécessaire, essentielle au développement psychique du nourrisson.8

Pour atteindre cet état de préoccupation maternelle primaire, la mère doit être en bonne santé psychique. En répondant aux besoins de l'enfant, la préoccupation maternelle primaire induit chez lui un « sentiment continu d'exister suffisant » sur lequel repose le début de la structuration du moi.9

Les trois fonctions fondamentales : holding, handling et object-presenting

La relation mère-enfant requiert alors une série complexe d'ajustements corporels et psychiques que Winnicott articule autour de trois concepts fondamentaux : le holding, le handling et l'object-presenting.

Le holding renvoie à la façon dont la mère soutient et porte son enfant, à la fois physiquement et psychiquement. Cette fonction, profondément contenante, protège le bébé et l’aide à calmer ses inconforts, ses débordements émotionnels et ses douleurs internes. Le holding joue un rôle central dans la construction du moi, puisqu’il offre à l’enfant des repères simples et stables qui l’aident à identifier et reconnaître ce qu’il vit intérieurement.10

Le handling, quant à lui, concerne davantage les gestes concrets posés sur le bébé, la manière dont il est manipulé et soigné. Ces soins quotidiens participent à l’élaboration progressive de son monde intérieur et à la définition de ses frontières corporelles. Grâce à l’articulation de ces deux fonctions, le holding et le handling, l’enfant en vient à éprouver ce sentiment fondamental d’habiter son propre corps, une expérience qui influencera durablement sa relation corporelle à lui-même.

L’object-presenting est une fonction qui désigne la capacité de la mère à offrir à l’enfant, au bon moment, l’objet dont il a précisément besoin. Par cette présentation adaptée, le bébé a l’impression d’être l’auteur de l’objet, ce qui nourrit son sentiment d’omnipotence. C’est grâce à la disponibilité maternelle et à son attention aux réactions de son enfant face à la frustration, que celui-ci pourra, peu à peu et selon son propre rythme, sortir de cet état d’illusion et reconnaître progressivement l’existence indépendante de l’objet.11

Mère portant un bébé dans ses bras
Image par Iuliia Bondarenko de Pixabay

L'importance de la continuité des soins

Selon Winnicott, les soins constituent un travail continu qui ne peut être assuré que par une seule personne12 . En tant qu'experte connaissant mieux que quiconque son bébé, il est important de laisser la mère agir selon son intuition et de ne pas la surmener de conseils et de prescriptions qui risqueraient de bloquer cet élan intuitif. Selon Winnicott, les mères sont naturellement de bonnes mères.13

Un équilibre subtil : ni trop, ni trop peu

Winnicott insiste toutefois sur l’importance pour l’enfant de vivre progressivement la frustration et l’expérience du manque, afin de percevoir ses propres besoins et de se différencier de sa mère. Au cours du développement de l’enfant, la mère doit donc peu à peu s’extraire de la préoccupation maternelle primaire et introduire progressivement un certain manque, une frustration nécessaire à l’émergence du désir et à la maturation psychique du bébé.  C’est pourquoi un environnement trop « parfait », qui satisferait immédiatement chaque besoin, empêcherait l’enfant de ressentir ses propres désirs et de les exprimer. À l’inverse, un environnement « pas assez bon », incapable de répondre aux besoins fondamentaux du bébé, ne lui offrirait pas le cadre essentiel à la construction de sa personnalité. Dans un tel contexte de carence, l’enfant serait confronté à une angoisse intense ; son moi resterait fragile, inachevé, et risquerait une désintégration.14

La construction d'une image interne : vers l'autonomie

Grâce aux soins et à l'attention de la mère, le bébé construit graduellement une image interne d'une bonne mère. Un bébé qui a une bonne mère intérieure ne dépend plus complètement de sa propre mère.15 Cette intériorisation permet à l'enfant de devenir progressivement autonome.

La phase de dépendance relative (4-12 mois) : l'émergence de l'objet transitionnel

La phase de « dépendance absolue », durant laquelle le nourrisson dépend entièrement de sa mère et perd même le sentiment d’exister si elle ne répond pas à ses besoins, laisse place à la phase de « dépendance relative », généralement située entre quatre et douze mois. Au cours de cette période, le bébé commence à se distinguer peu à peu de son environnement. Il s’éloigne de son état d’omnipotence et de l’illusion d’être satisfait de manière presque magique, pour amorcer une véritable relation objectale, c’est-à-dire une relation où il reconnaît l’autre comme une réalité séparée de lui.16

C'est précisément à ce stade de transition, où les réalités internes et externes ne sont pas clairement distinctes, que des expériences « intermédiaires » peuvent se développer. En particulier, l'enfant peut investir ce que Winnicott appellera un objet transitionnel qui n'est ni la mère réelle, ni sa représentation interne, mais un peu des deux à la fois.17 Ours en peluche, tissu, succion du pouce… Une pléiade d’objets peut devenir des objets transitionnels, sorte de « réservoir d’amour » permettant à l'enfant de gérer l'angoisse de la séparation, d'accepter l’absence de la mère et de conserver le sentiment d'exister malgré elle.

L'objet transitionnel préfigure une capacité plus large qui s'épanouit à travers le jeu.

Le jeu et l'espace potentiel : entre réalité et imagination

Dans la pensée de Winnicott, le jeu occupe une place centrale en tant que manifestation de la vie intérieure de l'enfant et signe fondamental de bonne santé. À travers le jeu, le bébé indique qu'il n'est pas seulement un corps mais bien une personne à part entière. Sa disposition à jouer témoigne de sa vie intérieure.18

Le jeu offre à l’enfant un moyen de différencier la réalité de ses propres désirs, tout en lui permettant d’exister comme un « soi » véritable. Le jeu ne se situe ni entièrement en lui ni totalement à l’extérieur, mais dans une zone intermédiaire entre le bébé et sa mère, ce que Winnicott appelle l’« espace potentiel »19 . Cet espace psychique, situé entre le monde interne du nourrisson et la réalité extérieure, constitue le lieu où émergent le jeu et la créativité.

Winnicott distingue le jeu (game), structuré socialement et régi par des règles, du jouer (playing), acte créatif ouvert à d’innombrables variations. Le jouer constitue un phénomène transitionnel qui permet à l’enfant de composer avec les contraintes de la réalité, et favorise ce que Winnicott appelle l’« intégration de la personnalité ». Cet espace potentiel s’élargira avec le temps et se poursuivra à l’âge adulte sous la forme d’expériences culturelles à travers l’art, la religion, la philosophie... C’est dans cet espace que prennent naissance la créativité et la culture.

Enfant qui joue avec des voitures
Photo de Sandy Millar sur Unsplash

Réalité et imagination : l'enfant entre deux mondes (2-6 ans)

Au-delà de la phase de dépendance relative, entre deux et six ans environ, Winnicott souligne l'importance de permettre au jeune enfant de vivre simultanément dans deux mondes : la réalité et l’imaginaire. Il est important de le laisser vivre dans son imaginaire sans lui imposer prématurément la réalité. Un enfant qui évolue dans ce sens ne tardera pas ensuite à jouer le rôle de la bonne mère avec une poupée, reproduisant ainsi les modèles relationnels expérimentés. Ce sera vers 5 ou 6 ans que l'enfant s'intéressera spontanément, scientifiquement à ce que les adultes nomment « monde réel ». Cette capacité à naviguer entre les deux mondes représente un avantage distinctif de l'humain : « nous pouvons imaginer le réel afin de le rendre plus beau, moins pénible ».20

La dimension affective du développement moral

Opposé à l'idée que le dressage produit des enfants obéissants, Winnicott propose que le bébé possède une tendance innée vers un sens moral.21 C’est l'attention sensible de la mère aux signaux d'excitation du bébé ou de détresse qui permet l'évolution et le début de la coopération et du sens social de l'enfant. Il ne s'agit donc pas pour Winnicott de dresser un enfant mais plutôt de lui fournir un cadre sûr dans lequel il peut évoluer.22

La réactualisation de la pensée de Winnicott

Bien que les écrits de Winnicott portent les stigmates de la société britannique du XXe siècle, avec une vision de la maternité ancrée dans les réalités de l'après-guerre, ses réflexions restent pertinentes dans notre conception de la petite enfance. Sa vision de la parentalité construite autour d’une mère entièrement dévouée à son enfant et d’un père pourvoyeur économique, ne correspond, en effet, plus à la réalité de nombreuses familles contemporaines. Les mutations sociales – travail des femmes, diversification des structures familiales, parentalités partagées – obligent à réinterpréter sa pensée plutôt que de l'appliquer mécaniquement. C’est pourquoi aujourd’hui, il est important de parler de figure parentale de l’enfant et non pas uniquement de mère.

Pourtant, malgré cet ancrage historique, la pensée de Winnicott conserve une force universelle car Winnicott s'intéresse aux mécanismes profonds du développement psychique humain plutôt qu'aux contingences sociales. Ses observations sur le besoin de confiance mutuelle entre parent et enfant, l'importance de l'intuition parentale face aux prescriptions rigides et le respect de l'individualité de chaque enfant transcendent les époques et les contextes culturels.

Un message humaniste face aux pressions contemporaines

L'apport le plus précieux de Winnicott réside sans doute dans son message profondément humaniste et démystificateur. Dans une société contemporaine traversée par des impératifs croissants concernant les « compétences parentales », où l'on demande aux parents d'être des « super-parents » et où l'on parle du « métier de parent » comme s'il existait des parents plus experts que d’autres, la pensée de Winnicott redonne confiance aux ressources spontanées des parents.

Une éducation émancipatrice

Par ailleurs, la dimension émancipatrice de la pensée de Winnicott mérite une attention particulière. En reconnaissant l'enfant comme personne à part entière dotée de sa propre vision du monde, Winnicott pose les fondations d'une éducation qui produit des citoyens actifs et émancipés plutôt que des individus passivement adaptés. « Éduquer un enfant fournit le fondement réel de notre société et le seul facteur d'une tendance démocratique dans le système social d'un pays »23 : cette affirmation saisit la portée politique de l'éducation parentale.

Lorsque Winnicott défend le droit de l'enfant d’exprimer son agressivité, sa colère, sa haine, lorsqu'il reconnaît que « chaque enfant apporte sa propre vision du monde et un besoin de contrôler son petit morceau de monde »24, il pose les fondations d'une subjectivité autonome. Dans ce cadre, l'enfant ne doit pas être modelé passivement pour s'adapter à l'ordre établi, mais accompagné dans l'épanouissement de son individualité pour qu'émerge une personne dotée d'une vie intérieure riche, capable d'imagination et de questionner l'ordre des choses.

L'enfant qui a pu vivre pleinement son expérience d'enfant, qui a joué sans contrainte excessive, qui a pu exprimer ses sentiments contradictoires et trouver dans le regard parental une acceptation, devient un adulte capable d'apprendre tout au long de sa vie. Il possède la flexibilité psychique nécessaire pour s'adapter à un monde en mutation. La pensée winnicottienne offre ainsi l'essence d'une éducation libératrice, où l'enfant réinvente les normes, devenant un apprenant actif, créatif et émancipé.

En définitive, l'héritage de Winnicott nous rappelle que l'éducation n'est pas une affaire de technique ou de performance, mais de relation humaine authentique. C'est dans cette simplicité profonde que réside la force de sa pensée, toujours vivante et nécessaire.

  • 1En utilisant le terme « mère », Winnicott désigne la personne qui assume cette fonction auprès de l'enfant, qu'il s'agisse de la mère biologique ou d'un substitut (père, grands-parents…). Aujourd’hui nous parlerons plutôt de figure parentale.
  • 2WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 11 p.
  • 3Winnicott "La mère suffisamment bonne", mars 2020, https://www.psychologue-montpellier34.fr/2019/01/07/winnicott-la-m%C3%A8re-suffisamment-bonne/
  • 4Idem. 
  • 5JOLY A., Donald Winnicott. La préoccupation maternelle primaire,février 2009, https://psy-enfant.fr/donald-winnicott-la-preoccupation-maternelle-primaire/
  • 6L’expression anglaise « good enough mother » se traduit peut-être plus justement par « mère ordinaire normalement dévouée » ou même « mère tout juste acceptable ».
  • 7WINNICOTT D.W., Le bébé et sa mère, Éd. Payot, 1992
  • 8JOLY A., Donald Winnicott. La préoccupation maternelle primaire,février 2009, https://psy-enfant.fr/donald-winnicott-la-preoccupation-maternelle-primaire/
  • 9Winnicott "La mère suffisamment bonne", mars 2020, https://www.psychologue-montpellier34.fr/2019/01/07/winnicott-la-m%C3%A8re-suffisamment-bonne/
  • 10DESMAREZ C., Donald Woods Winnicott, janvier 2021, https://www.psychanalyse.be/ressource/donald-woods-winnicott/
  • 11Idem.
  • 12WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 11 p.
  • 13WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 37 p.
  • 14Winnicott "La mère suffisamment bonne", mars 2020, https://www.psychologue-montpellier34.fr/2019/01/07/winnicott-la-m%C3%A8re-suffisamment-bonne/
  • 15WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 85 p.
  • 16Winnicott "La mère suffisamment bonne", mars 2020, https://www.psychologue-montpellier34.fr/2019/01/07/winnicott-la-m%C3%A8re-suffisamment-bonne/
  • 17BAILLY R., Le jeu dans l'œuvre de D.W. Winnicott, Enfances et Psy N°15, 2001, https://shs.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2001-3-page-41?lang=fr
  • 18WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 49 p.
  • 19DESMAREZ C., Donald Woods Winnicott, janvier 2021, https://www.psychanalyse.be/ressource/donald-woods-winnicott/
  • 20WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 75 p.
  • 21WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 85 p.
  • 22WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 88 p.
  • 23WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 203 p.
  • 24WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991, 128 p.

La place du père et de la fratrie pour Winnicott

Freres se tenant dans les bras devant une fenêtre
Photo de Jess Zoerb sur Unsplash

La place du père

Tout au long du développement psychique de l’enfant, le père joue un rôle crucial car il peut être une bonne mère et il permet de protéger la mère et le bébé contre tout ce qui tenterait de s'immiscer entre eux. Dans la pensée de Winnicott, le père est nécessaire pour aider la mère à se sentir bien dans son corps et heureuse en esprit. Si l'union entre la mère et le père est solide et harmonieuse, le bébé sera plus serein. Par ailleurs, le père ouvre le monde de l'enfant : un enfant connaît bien le travail de la mère car il se réalise à la maison dans son quotidien. Celui du père est plus obscur pour lui car il se réalise à l'extérieur de la maison.WINNICOTT D.W., L’enfant et sa famille, Payot, 1991.

La fratrie et l'apprentissage du partage

Parallèlement, l'arrivée de frères et sœurs constitue une expérience développementale majeure, celle du partage et de la générosité. La générosité apparaît seulement après une expérience primaire d'égoïsme. Sans cet égoïsme, la générosité d'un enfant est gênée par le ressentiment. C’est pourquoi l’enfant doit traverser une phase de haine avant d'accéder à l'amour fraternel véritable.

Personne volant dans le ciel

fév 2026

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198

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