
Il y a des décisions qui résonnent comme un avertissement. La validation, ce vendredi 3 avril 2026, en deuxième lecture, par le gouvernement fédéral belge d’un dispositif autorisant des visites domiciliaires visant les étranger·ères faisant l’objet d’une mesure d’éloignement, en est un. Non pas un simple ajustement administratif, non pas une correction de texte, mais bel et un bien un geste profondément lourd de sens : celui d’un État qui s’autorise à violer le seuil des foyers, à pénétrer dans l’espace le plus intime de la vie des personnes.
On peut enrober cela de justifications techniques, parler d’efficacité, de suivi, de contrôle nécessaire. Mais derrière ces mots, il y a une réalité que personne ne devrait minimiser : la banalisation d’une intrusion dans la sphère privée. Une grave évolution qui touche au cœur même des droits humains, à ce principe fondamental selon lequel chacun·e a droit à un espace inviolable, protégé, où l’on n’a pas à se justifier d’exister.
L’histoire nous a appris que les atteintes aux libertés surgissent subrepticement. Elles avancent masquées, sous couvert de pragmatisme, de rationalité, de « bon sens ». Et c’est précisément pour cela que nous devons rester vigilant·es. Car accepter que l’on puisse entrer dans les foyers pour vérifier, contrôler, inspecter, c’est accepter que la confiance soit remplacée par la suspicion.
Les droits humains ne sont pas des options. Ils ne sont pas négociables selon les circonstances. Ils constituent le socle sur lequel repose toute société démocratique : le respect de la vie privée, la protection contre les ingérences arbitraires, la garantie que l’intimité n’est pas un territoire administrable.
Alors oui, il faut le dire avec force : cette mesure heurte, blesse et foule aux pieds nos valeurs fondamentales. Elle fragilise la frontière essentielle entre l’État et l’individu.
Et si nous ne réagissons pas, qui le fera ? Faisons en sorte, tou·tes ensemble, que le bruit des pantoufles n’étouffe pas le bruit des bottes… Agissons !



